LA COALITION NATIONALE DE LUTTE CONTRE LES GROSSESSES NON DESIREES SENSIBILISE

 

Badiadingi 1Cent jeunes filles et garçons du quartier Badiadingi, dans la commune de Selembao, ont été sensibilisés hier mercredi 30 septembre au droit des femmes et des jeunes filles à l'avortement médicalisé, conformément à l'article 14 alinéa 2.C du Protocole de Maputo .

Il a été question au cours de cette matinée, de l'évolution des droits du contexte légal en matière de à la santé sexuelle et reproductive en RDC, informer les participants du contenu du Protocole de Maputo en ce qui concerne les conditions d'accès à l'avortement médicalisé. Les organisateurs de ce séminaire tenaient également à partager les évidences sur l'ampleur des grossesses non désirées et les avortements clandestins en RDC comme l'une des causes majeures de la morbidité et de la mortalité maternelles.

Cette activité s'inscrit dans le cadre de la célébration, le 28 septembre, de la journée internationale sur la dépénalisation de l'avortement organisé par la Coalition nationale de lutte contre les grossesses non désirées. Avec l'appui de ses partenaires, à savoir: Pathinder, Ipas, Médecins du monde et autres.

L'AVORTEMENT N'EST PAS UN MEURTRE

Abordant les dispositifs du Protocole de Maputo en matière de droit à l'avortement médicalisé, Patrick Maliani Issa de l'association "Si jeunesse savait (SJS)", membre de la coalition, fait savoir que la question de l'avortement reste perçue de diverses façons selon les pays et les époques. A l'en croire, "dans le cadre du protocole de Maputo, l'avortement n'est pas un meurtre, c'est un salut". Patrick Maliani fait remarquer une femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. "Que dire de ces filles qui ont tendance à utiliser l'avortement comme une méthode de limitation de naissances", s'est-il interrogé.

Pour Patrick Maliani, le Protocole de Maputo est le premier instrument international juridiquement contraignant à avoir consacré le droit à l'avortement médicalisé et qui appelle explicitement les Etats à assurer l'accès à l'avortement dans des cas bien déterminés. Patrick Maliani mentionne l'article 14 relatif au droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction point 2.C qui demande aux Etats d'autoriser l'avortement médicalisé, en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste. Et aussi lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du foetus.

Arlette Matutila, de l'Ong international Médecins du monde, explique le choix de la cible, constitué notamment d'animateurs communautaires de la zone de santé de Badiandingi, de prestataires des soins, de chefs d'établissement scolaire et d'enseignants ainsi que d'associations des jeunes filles et garçons. "Nous avons toujours orienté notre plaidoyer vers les autorités du pays. Pour cette année, nous avons voulu rencontrer la cible principale qui est la communauté pour partager ces informations telles que les articles du Protocole de Maputo concernant les droits sexuels des femmes", dit- elle, en faisant remarquer que les avortements clandestins se pratiquent au sein des communautés.

Les animateurs de ladite matinée soulignent que la RDC, ayant ratifié le Protocole de Maputo, il était important de parler de cet instrument et des conditions requises pour réaliser un avortement sécurisé. Au-delà de l'avortement sécurisé, "nous avons mis l'accent sur les méthodes contraceptives modernes pour éviter les grossesses non désirées. C'est pourquoi nous avons expliqué les différentes méthodes contraceptives afin de réduire les cas de grossesses non désirées", indique-t-elle.

Une étude menée à Kinshasa par l'Ecole de santé publique, en collaboration avec Guttmacher, en 2016 fait état de 146.700 avortements ayant eu lieu dans la capitale. Ce taux d'avortement correspond, d'après la même étude, à 56 interruptions pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans. Tandis que l'âge médian à la première expérience sexuelle est de 16,8 ans. Cela démontre que les rapports sexuels se produisent sans que les adolescents aient les informations et les compétences sur les moyens de se protéger de grossesses non désirées. 

Mathy MUSAU